Attendu comme les quatre cavaliers de l’apocalypse à lui tout seul, l’Attila des dancefloor reprend son trône. Le dijonnais Pascal Abrez a cependant refusé la radicalisation à outrance. Flashmob, n’est pas un « Poney EP » surcompressé. Histoire de brouiller les pistes, son auteur se réclame même du disco. Mais pas d’inquiétude, cet album rappelle plus les hangars des raves que les discothèque avec boule à facettes où on écoute du Bee Gees. Cependant Viatlic a su intégrer des moments plus mélancoliques ( « Still » et ses mélodies tordues à la Giorgio Moroder). On retrouve même des clins d’oeil à son ancien side projetc The Silures (« One above one »). Et pour les nostalgiques des claques sur les fesses, des titres comme « Terminateur Benelux » ou « Chicken lady » démontre que Vitalic sait toujours jouer les gros bras. L’album idéal pour terminer les années 2.0.
Les fans l’auront attendu 3 ans. A l'image des grands groupes de ska français comme La Ruda et Marcel et son Orchestre, avec des débuts à dominance très ska, et un virage amorcé plutôt vers le rock comme sur les 2 derniers albums, on croyait que Les Caméléons avaient fini par lâcher l'éponge, un peu assaillis par les critiques. Visiblement la leçon est retenue : la bande cuivrée annonce un retour aux sources, 13 morceaux à l’énergie festive débordante, rien de trop changeant dans l’expression et les textes mais l’enregistrement instrumentale sonne très bien, du Ska, du flamenco, du gros rock qui tache, et même une pointe de samples (« chanson à Fab »). Un album très métissé donc, qui donne envie de voir ce qu’il se passe sur scène ! A noter une reprise des zabriskie point qui fait du bien aux oreilles… .
D’emblée la jolie voix qui ouvre ce nouvel album de Laurent Garnier annonce la couleur « On va passer du coq à l’âne ». Et on pourrait même dire « on va se passer le disque d’un passeur ». Car il est indéniable que les musiques électroniques en France doivent énormément à Laurent Garnier. Fureteur insatiable, éternel adolescent éternellement curieux, c’est avec clairvoyance qu’il a nommé son nouveau disque « Histoires d’un Kleptomane ». Avec délectation on suit Laurent Garnier dans les courants qui ont traversé sa discothèque, sa vie (et donc les musiques électroniques) ; des plus dansantes (« Bourre pif avant bath time » ou « Gnanmankoudji ») aux plus laid back (« Dealing with the Man »). Ajoutez les vocalistes piles poils (l’excellent Tumi de Tumi & the Volume) et vous obtenez le disque qui va pour tout. Un album discothèque en quelque sorte.
Sam Karpiena Extatic Malanconi (DFragment Music/l’Autre Distribution)
Loin des clichés ensoleillés et beaufs de Marseille : foot, pastis, pétanque, grande gueule et dent de requin en sautoir, Sam Karpiena nous livre ici un monument de ce qu’on pourrait appeler du « Folk Méditerranéen ». Méditerranéen, car c’est là que sont les racines de ce chanteur à la voix écorchée. Il a longtemps oeuvré au sein de Dupain et Gacha Empega, deux formations majeures de la musique occitane.
Folk, car il s’appuie sur toute une batterie d’instruments hétéroclites (percussions traditionnelles de Bijan Chemirani, guitare sèche, oud...) et il traite avec rage et poésie les grands thèmes de ce répertoire : l’amour, la lutte, le voyage. Si l’essentiel est en français, les deux chansons en occitan n’en sont que plus poignantes.
Et quand on apprend que tout ça a été réalisé en 3 jours, on ne peut qu’être estomaqué.
Dans les bacs depuis le 14 septembre, « Baionarena », comme son nom l’indique en langage ibérique, a été enregistré dans les arènes de Bayonne en juillet 2008. Deux CD et un DVD pour deux heures 1/2 de live réunissant 33 titres des principaux albums de Manu Chao et de la Mano Negra. Inutile de les présenter, ils ont la même énergie et puissance que les concerts. En dédicace à tous les politico-menteurs, et surtout à l’espoir de ce monde ou rien ne va plus! Le travail de l'artiste est à souligner : véritable bête de scène, il possède ce je ne sais quoi de magique qui transforme chacun de ses lives en moment unique. Laissant cette impression de vivre un truc hors du commun, une parenthèse dans un quotidien pas toujours rose.
Suivre Joakim est toujours passionnant. On dirait que ce garçon à l’air d'informa- ticiens en goguette se fait fort de nous surprendre à chaque fois. Passant successivement de la scène électro jazz à l'électro house puis à la pop psyché- délique tout en oeuvrant comme remixeur de talent ( Tiga, Simian Mobile Disco, Air...excusez du peu !) où en est-il en 2009 ? Et là, dès le 1er titre il fait fort ! On se demande même si on n’a pas mis un disque des Melvins ou Sunn o))) par erreur ! Mais non, ce « Back to wildeness » de 8’30 de guitares sur-fuzzées et de breaks de batterie en plomb est bien le morceau introductif de l’album de Joakim & The Disco. Puis nous décollons vers une galaxie funky en diable ( « Ad me »), vers une planète space-pop ( « Spiders ») et bien d’autres univers parallèles bizarroïdes. Joakim n’est définitivement pas de notre planète !
Lancé en 2004 par Marc Collin et Olivier Libaux, ce projet (plutôt que groupe) présentait alors des versions bossa nova de tube new wave avec plusieurs chanteuses. On se rappelle encore la très bonne version de « Too drunk too fuck » des Dead Kennedys par Camille. Nous arrive donc un troisième opus (après un deuxième album « bande à part » mitigé en 2006). Et nous retrouvons toujours le même principe : des reprises, avec un tripotée de chanteuses (Mélanie Pain, Marina...). Mais cette fois la couleur musicale est résolument nord américaine (folk, country, mariachi, blue grass...) et surtout des voix d’hommes font leur apparition. Et quelles voix, puisqu’il s’agit des interprètes originaux ! On a le plaisir d’entendre Dave Gahan de Depeche mode sur « Master & Servant », Ian McCullogh d’Echo & the Bunnymen sur « All my Colors » et Barry Adamson de Magazine sur « Parade ».
BBA se rapproche désormais d’une famille de groupes qui ont la niaque à la Lofo. La niaque car BBA a toujours été extrêmement énergique à l’image de ses nombreuses prestations live. Un disque intense et viscéral, plus hardcore-punk que métal, direct et primaire. On s’approche souvent d’un énorme feeling à la SOAD sur certains refrains (notamment sur le titre d’ouverture “To Reactivate”, “Kiss of Death” ou encore “Fucking Hate”). Mais tout cela est contrebalancé par un état d’esprit plus punk que jamais comme en témoignent les interventions du prestigieux guest sur “Burning Road” en la personne de Wattie (The Exploited). From Chaos marque également le retour du double chant avec Poun et Djag, apportant une dynamique supplémentaire. Une sorte de retour aux sources avec une expérience de 15 années dont il a su tirer le meilleur parti tant sur la route qu’en studio. On attend de voir le groupe en live où ces 12 nouvelles compos devraient prendre toute leur dimension.
Malgré son jeune âge (24 ans) Alex Grenier a déjà bien roulé sa bosse. Après un passage par le métal fusion il s’est engouffré dans veine plus jazzy, plus proche des ses amours d’enfance. Guitariste volubile, à l'instar de ceux qu’il admire (Jaco Pastorius ou Albert King), une fois ses morceaux prêts il les a sorti sur disque. Boomerang est déjà son troisième album. Toujours accompagné de son vieux complice Dj Sharklo, Alex Grenier s’est également entouré d’une section de cuivre complète (sax, trompette et baryton), apportant un supplément d’âme et de chaleur. L’auditeur, au gré des titres, se ballade d’ambiances jazz funk seventies en clin d’oeil afro beat, passant parfois par des moment plus lounge à la Saint Germain. Ce garçon a déjà l’habitude des scènes de France et d’ailleurs. Il nous tarde de le voir dans nos contrés entouré de son band au complet.
Cela n’a pas échappé à l’oreille experte de Fred Norguet (EZ3kiel, Spicy Box, Fumuj etc.) qui a mixé et masterisé l’album en restituant l’intensité que le groupe dégage en live. Base rythmique tonitruante et dansante, ambiances arabisantes, planantes ou futuristes, on pense aux Prodigy, aux Chemical Brothers mais aussi à ADF. Synonyme de partage, la musique des Dynamophonic est aussi fédérative, comme en témoigne les featuring présents sur le disque. Dans la série " à la croisée des chemins" (uht°, Yvi Slan, XXX) Dynamophonic assoit sa rythmique drum'n' bass et ses cuivres mineurs à la James Hardway. Une rythmique échevelé, analogique, qui emprunte bien des formes au courant heavy metal, lourd, répétitif mais singulier. Ici le son se vit comme une course-poursuite (syndrome, autre faute, Indeepmophonic), entre terre promise et champ de bataille. Plus inventif sur break out et avec un beau filet de voix ( feue Gomez) sur Deepavali.
Voilà enfin le pavé que l’on attendait voir exploser une vitrine économicosociopoliti- culturelle peu amène en ces temps de disette intello et de crise systémique. Cabadzi offre ici de quoi réfléchir à ceux qui depuis 2007 auraient oublié de le faire, donnant aux autres le porte-voix qui manquait à leurs revendications muettes. Pas de manière pédante, avec la forme svp, le trio n’ayant pas négligé l’éloquence, le groove, la chaleur et l’émotion. Une véritable émeute de souffles : souffle textuel que l’air du temps nommerait slam, souffle féminin, mélodique et polyglotte, à la croisée de l’Orient, de la Bohème et de l’Occident, puis souffle cadencé d’un human beatbox extra-terrestre. Certes, on n’est pas dans le festif, il y a même matière à déprimer dans les questions posées, mais on ne boudera pas son plaisir à savourer, rire, bouger la tête et les jambes à l’écoute de ce très bon album.
Réputés pour leurs prestations scéniques enlevées, les cinq rennais sont de retour avec leur troisième album studio enregistré à Rennes, au Passage à Niveaux. Faisant fi des lamentations de l’industrie du disque, X Makeena affirme son indépendance tant artistique que financière. Musicalement, le groupe s’éloigne de la drum’n’bass pour plonger dans un chaudron hip hop / dubstep à la fois plus actuel et plus mature. Délestés d’un environnement sonore autrefois très chargé, le chant de Says et Vicking se retrouve propulsé en avant. L’auditeur peut apprécier les textes sombres et rageurs des deux chanteurs. Le groupe a également l’excellente idée de convier quelques amis à la fête : la montréalais Bleubird et les bretons Arm et Robert le Magnifique (ce dernier en guest sur « Robots in Love » un vrai tube à base de rythmes concassés et de scratch vicieux).
Finalement, il y a peu de groupes qui peuvent se targuer d’avoir marqué une génération. Oh, je ne vous parle pas des stars cathodiques autoproclamées « roi de la pop» mais bien de vrais tremblements de terre artistiques, de ceux avec qui il y a un avant et un après. Hint, duo rock/noise/indus issu de la prolifique scène angevine de la première mi-temps des 90’s est de cette trempe. Ils ont ouvert des horizons à bien des rockeurs un peu bas du front (dont votre serviteur). Ils ont démontré qu’ à 2 on peut faire du barouf comme 15, que des plans free jazz (quelle horreur!) peuvent filer le frisson et surtout que les images peuvent décupler la puissance de la musique. 6 ans, 3 albums studios, une foultitude de collaborations passionnantes, c’était tout ça, Hint.
Retour sous les projos de Yeliz K, après un break de redéfinition d’un projet qui, depuis 2004, s’était affirmé autour d’un concept
« cosmo-reggae-dub » pour le moins inédit. Donc le Yeliz K 2009 nous arrive tout frais : nouveau line-up, nouveau son qui comme le laisse entendre ce maxi, s’aventure clairement vers les contrées sombres et puissantes de l’electro- dub- rock, sur les pas des grands frères Ez3kiel ou Zenzile. Samples profonds, percus tribales et guitares incisives donnent plus de corps à un ouvrage rythmique massif et chaloupé, de quoi mettre plus en valeur la voix de Karo, toujours aussi chaleureuse et émouvante mais plus piquante qu’à l’accoutumée. Ciment artistique du projet initial, l’approche ethnique du son demeure, évoquant sans pâlir le meilleur d’Orange Blossom. Bref, ces 4 titres laissent augurer du meilleur pour ce Yeliz K 2.0, que l’on attend rapidement sur les planches.…
Alors qu’on s’imagine que l’indé américain est mort avec ses héros (Pixies, Sugar ou Posies) ou qu’il ressemble à des vieux travellos sur-botoxés (Dinosaur Jr ou Lemmonheads), cette frange de la contre-culture U.S. dure et perdure. Grâce à des labels exemplaires comme Touch & Go, un paquet de bons groupes d’étudiants à lunettes continuent à sortir des disques qui touchent au coeur. Conjuguant avec habileté rock tendu et claudiquant et mélancolie pop à l’américaine (intello et résignée), ce trio de San Francisco n’oublie pas les envolées vocales symphoniques à la Le Loup (« November through June»). Et puis ils n’omettent pas de faire un clin d’oeil aux grands aînés, Sonic Youth, sans qui rien ne se serait passé (« Out of orbit»). Du bonheur.
De Lille, on connaissait déjà les Loudblast (pionnier du death metal made in France), M.A.P. et leurs chansons socio-culturelle familiale. A présent (et même depuis 2005 si on revient aux origines du groupe) il faudrait compter sur Mc Kopat, Yanneck-B, Dj Stamiff et Lord-J alias Les Enfants 2 La Basse. Pratiquant un crossover high energy à la X Makeena, le quatuor fait copuler allègrement drum’n’bass, hip hop, electro, raggamuffin, le tout en français. Un peu comme si les Svinkels pogotaient avec La Phaze. Passant outre la faiblesse du côté ragga (les caraïbes façon Lord Kossity/ Kassav), on s’attachera au versant braillard et gouailleur de la chose « J’aime le rock’n’roll » ou le bien senti « Le bizness de la musique » qui taille « les fils et filles de... » qui polluent depuis trop longtemps la musique (et le cinéma et la littérature et les médias).
Rien qu’à voir la pochette, j’entends déjà un Homer balancer «Hou, un gâteau érotique!!» en parlant de Modonut. Les auditeurs de Nova savent de quoi je parle, les perles psyché soul hip hop «Cigarillo» et surtout «Not afraid» y tournant en boucle depuis l’été dernier. Mais qui est Modonut, gâteau à la recette savamment dosée entre goût pour les mélodies imparables à la Lalo Schifrin, voix sucrées, flows pétris et beats gras mais tellement digestes ?! C’est la réunion de deux producteurs frenchies clairement inspirés par le rap new-yorkais des 90’s : Modo, échantillonneur de pépites et fameux beatmaker, et Ugly Mac Beer, scratcheur expert, connu pour ses mixtapes de MF Doom. Associé à la voix de l’excellente chanteuse soul Jessica Fitoussi, les feats de Mike Ladd et DJ Troubl, voilà une galette à déguster tout l’été, par les amateurs de Wax Tailor, Chinese Man…
Peut être la meilleure surprise de cette première moitié d'année 2009. Sur-buzzés lors de leur passage aux Transmusicales 2006, on parlait alors plus de leurs looks de Nikki Sixx faméliques que de leur musique. Du rock garage goth énervé pour faire bref. Et bien on avait eu tort de les sous-estimer. Le deuxième album du quintet témoigne d'une ambition artistique peu commune. Malgré leur jeune âge ils invoquent les grands siphonnés d'Angleterre : Gallon Drunk, Birthday Party ou Penthouse. A grands coups de pédales fuzz et d'orgues farfisa ils vont même jusqu'à nous rappeler Joy Division (le troublant « Scarlet Fields »). Et toutes ces références sont agglutinées dans une production hyper psychédélique. Résultat : une ribambelle de morceaux épiques et obsédants.
Peut être la meilleure surprise de cette première moitié d'année 2009. Sur-buzzés lors de leur passage aux Transmusicales 2006, on parlait alors plus de leurs looks de Nikki Sixx faméliques que de leur musique. Du rock garage goth énervé pour faire bref. Et bien on avait eu tort de les sous-estimer. Le deuxième album du quintet témoigne d'une ambition artistique peu commune. Malgré leur jeune âge ils invoquent les grands siphonnés d'Angleterre : Gallon Drunk, Birthday Party ou Penthouse. A grands coups de pédales fuzz et d'orgues farfisa ils vont même jusqu'à nous rappeler Joy Division (le troublant « Scarlet Fields »). Et toutes ces références sont agglutinées dans une production hyper psychédélique. Résultat : une ribambelle de morceaux épiques et obsédants.
En tant que fan absolu de NOFX depuis leurs premiers albums, la sortie de ce 12ème opus studio est bien évidemment un événement. Les morceaux présentés ici sont, pour la grande majorité, vraiment très bons. Loin du son trash de l'époque Ribbed ou White Trash, la production ici est énorme, notamment sur les morceaux « Best God in Show » qui sonne très reggae et sur « I Am an Alcoholic » qui lui est plus jazzy. Bref, NOFX fait du NOFX et le fait toujours très bien, une énergie débordante et des mélodies tout simplement géniales concoctées comme d'habitude par Fat Mike. Après 25 ans de bons et de loyaux services, NOFX reste une valeur sûre. L'été arrive, sortez votre baggy et votre board du placard et allez prendre le soleil en écoutant cet excellent album.
Tornade electroclash déboulant au commencement des années zéro ; Peaches nous avait alors littéralement atomisé avec son premier album « The teaches of peaches ». Installée à Berlin, Merrill Beth Nisker (son vrai nom) avait alors rejoint la bande des Canadiens de la capitale teutonne : Mocky, Feist et Gonzalès. Alors que ces deux derniers ont rallié le clan de la variété fadasse en s'installant à Paris, Peaches reste intransigeante. Si le ton général de « I feel cream » est moins violent que par le passé, le propos reste radical. On retrouve le thème de pré- dilection de la donzelle, l'identité sexuelle (« Mommy complex ») sur fond de hip hop (« Trick or treat »), de rock teigneux (« Show stopper ») ou de beats electro qui tabassent (« Talk to me »).
Au départ c’était quand même pas gagné. Un groupe estampillé ska punk (aaargh !), chantant en français et venant de Mayenne, ça fait quand même beaucoup d’un coup. Mais, fi des préjugés, découvrons ce cinquième album de Kiemsa. Et là, c’est la bonne surprise. Le son est excellent et les compos au rendez-vous. Le chant de Martin évoque alternativement Reuno de Lofofora ou les regrettés Svinkels, pour la gouaille et le sens de la dérision (« Monte le son »). Les guitares, rageuses sans être brouillonnes, envoient du bois et les cuivres savent doser leurs interventions. « Délices » transpire l'énergie et fait irrésistiblement taper du pied. Le groupe s’essaie à l’anglais, avec succès, sur quelques titres (« Razorpill », « Enemy »), apportant encore un surcroît de patate.
Avis aux amateurs de grosse fusion qui groove et qui retourne tout sur son passage. Really Addictive Sound débarque avec son premier album qui devrait marquer les esprits. En effet, ce quatuor est issu de formations diverses et variées, tel que « Babylon Pression », « Eths » , « Sikh » ou encore « Straighten Things Out ». Ce melting pot nous donne une fusion Funk Rock, inspiré des plus grands noms, tel que, Red Hot Chili Peppers, Fishbone , Incubus, Raige Again The Machine, Infectious Grooves ou encore James Brown. Autant d’univers différents, pour nous offrir un opus digne de la plus grande classe international, qui ne demande qu’à être écouté, pour le plaisir de vos oreilles et de celles de vos voisins. Bref, c’est du GROS, GROS son!!!
Le brésilien de Montréal, Amon Tobin, nous revient avec un nouveau projet parallèle. Contrairement à sa dernière production alternative, Cujo, cette fois il se la joue collective. Comme l'indique le nom de ce disque, la production est assurée à deux : Mr Tobin et l'anglais Joe “Doubleclick” Chapman. Résolu- ment ancré dans l'univers du hip hop, ce disque en explore les variantes les plus électroniques, les plus modernes et les plus urbaines (grime, dubstep...). Il nous révèle le talent de jeunes gens au micro : le Mc britannique Sway et surtout les talentueuses Ms Jade et Ce'Cile. Après s'être perdu dans d'insipides musiques de jeux électroniques, c'est bon de retrouver Amon Tobin sur un disque ancré dans la crasse et l'énergie de la réalité urbaine occidentale.
Monsieur RouxUn été caniculaire(Mercury/Universal)
Rennais repéré à l’origine par le défunt label Foutadawa, Monsieur Roux a bien roulé sa bosse depuis les bars de la capitale bretonne et son 1er album « Ah si j’étais grand et beau » en 2004. Toujours accompagné de ses comparses Jauni Bernardo à la guitare, Brandon Michel à la contrebasse et Norman Beatman à la batterie, il s’impose comme une alternative à la nouvelle chanson française (les Delerm et autres Biolay). La musique à la fois sobre et soyeuse, nous caresse les oreilles, mais c’est en tant que parolier que Mr Roux est le plus fort. Sans pitié, il égratigne les vieux(« Un été caniculaire »), ou les présentateurs des journaux télévisés, JPP en tête (« Fais moi peur »). Pourquoi est-il si méchant ? Pour notre plaisir, certainement ! Sortie : 1er juin
Plus groovy que jamais mais aussi clairement taillé dans le rock, Guerilla Fresca revient avec une livraison qui s’apparente à un passage de cap indéniable, grâce à une grosse production sonore et une évidente maturité. Nos guérilleros nous entraînent à travers une jungle dense de styles, fidèle aux riches influences qui les habitent. Ne faisant cependant pas table rase des origines, le bon vieux temps garde quelques restes avec des titres comme « ça ira mieux demain » et autres morceaux purement reggae comme « Baissez le rideau » ou
« Enfants ou soldats ». Les belles surprises sont à trouver du côté de « Je positive », petite bombe fusion hip hop avec Kenot (MC d’Ozanamix), du plaidoyer pour le métissage musical « Ainsi va la vie », de l’engagé et sautillant « Le Terminal » avec en invité prestigieux Gaston de Percubaba… Du swing, du groove, du nerf, c’est pourtant pas compliqué !
L’inventeur du “dub cowboy Hawaiien » is back, sous son nom, cette fois, après l’épisode Kazamix. Grand manitou du mélange de souplesses rythmiques, de guitares à la fois océaniques et crépusculaires, et de bruitages zarbi, il nous invite à le suivre sur son île improbable où Lee Perry surf avec Johnny Cash.
On ne sait plus si on est à Nashville, Honolulu ou Kingston, et c’est très bien ainsi. Que ça soit sur la reprise de Johnny Cash « Folsom prison blues », toute en mélancolie souriante, ou sur « Elefant scratch » parsemé de scratchs animaliers, le sheriff de Chantenay fait mouche. On reste l’oreille collée aux enceintes tout au long de « Happy animals ». N’hésitez pas à aller le voir sur scène, le Framix & Friends Live Show vaut le détour !
Take a ride ou la résurrection du combo lyonnais. Alors qu’on les croyait mort après le départ du chanteur Jean Gomis, Meï Teï Shô nous revient, avec une nouvelle formation autour de ses fondamentaux (Boris Kulenovic à la basse et Germain Samba à la batterie). Ils se sont adjoint une paire de vocalistes magnifiques, Bruce Sherfield et Jessica Martin Maresco, ainsi qu’une ribambelle d’invités. Ils nous offrent treize titres somptueux, variés et enlevés. « Mosquito » est le morceaux qu’ Asian Dub Foundation n’a pas fait depuis bien longtemps : politique, inventif et dansant. « Other spheres » a des parfums de Cocorosie. Les lecteurs du Sonar un peu plus âgés entendront même dans ce disque des réminiscences d’Urban Dance Squad. A écouter encore et encore.
Retour dans les bacs de Monsieur Pyl, avec un 5ème opus réalisé à la maison. Pour ce qui ne connaîtrait pas le personnage, ne vous formalisez pas sur le titre, pas d’artiste neurasthénique ni de sonorités minimalistes à faire fuir même le dépressif le plus carabiné ici, au contraire ! Country, calypso, folk brinque- balante, voilà l’univers dans lequel se balade le bonhomme, au rythme trottinant d’un canasson que l’on baptiserait volontiers Rossinante, destrier fragile mais qui tient cependant grave la route. Voilà pour ce qui est de la musique. Et puis il y a la voix du sieur Pyl. Une voix haut-perchée, parfois chevrotante, mais tout le temps amusante et craquante, ne laissant jamais indifférent. Désormais accompagné de 2 autres musiciens, Monsieur Pyl nous propose ici son disque le plus abouti, d’une fraîcheur indispen- sable en ces temps de morosité sociale.
Attention ovni !
La dictature du « format » règne un peu partout (« Hey coco, ton refrain il doit arrivé dans la première minute, et on avait dit que la durée maxi d’un morceaux c’est trois minutes trente ! »). Et pourtant, certains osent encore. Osent proposer un disque avec deux titres instrumentaux, lesquels dépassent allègrement les 10 minutes.
Abysse est un trio de jeunes choletais dont « La vie est forme » est la troisième réalisation. Guerriers de l’autoprod, Abysse continue l’exploration d’un métal ambiant énergique et varié. Certes, au cours des différents mouvements des deux titres de
« La vie est forme », on reconnaît ça et là quelques clins d’oeils aux grands anciens, mais on ne peut que saluer la performance de ces jeunes gens. A suivre, de près !
Le métal pour les nuls, voilà comment One Way Mirror aurait pu intituler son premier opus, tellement la chose permet pour les novices une entrée idéale dans ce genre musical majeur. Au sein du groupe officient les frangins angevins Potvin (Lyzanxia), aux côtés de Loïc Colin (Watcha) et de Dirk Verbeuren (Soilwork). Tout ce monde invité par le vendéen Guillaume Bideau (Mnemic) à pondre le blockbuster métal par excellence. Une démarche mainstream assumée, où l’on entend mis au goût du jour le panthéon du métal des 90’s. Riffs imparables, solos à la Dimebag, rythmes à la fois massifs, techniques et groovy, refrains mélodieux et registre bestial ou murmuré, arrangements indus pour densifier le tout… Des plans parfois clichés, mais qui procurent une certaine jouissance à l’auditeur de part leur accessibilité, leur maîtrise et leur production léchée. Et qui laissent aussi place à quelques séquences violentes. Un album qui devrait rappeler de bons souvenirs aux puristes pour peu que la démarche « entertainiste » soit acceptée.
Ovni dans le paysage musical régional, le duo nantais Resistenz poursuit son parcours placé sous le signe du refus. Refus des conventions et des chemins balisés. Alors que la règle des 3 minutes 30 par chansons brime la créativité des compositeurs, ils osent étirer leurs chansons au-delà des 7 minutes, oubliant le dogme de l’alternance couplet/refrain. Alors que tous annoncent la mort du cd, ils sortent un double album, le deuxième disque compilant les vidéos réalisées par Carole Thibaud, Marie Giraudet et Charlie Mars. Les 13 textes d’Ana Igluka, rageurs et mélancoliques, sont magistralement mis en musique par Erwan Foucault qui a sût rassembler autour de Resistenz quelques fines gâchettes de la place nantaise (Luc Rambo, Mac, Bichon, Cedric Lucas...). Et de belles images nous viennent à l’esprit à l’écoute de ce « Bal Folk Modern ». On y croise Yann Tiersen qui valse avec Calexico (« Saint-Basile ») ou une PJ Harvey faisant du gringue à The Ex (« Super 8 »), le tout au milieu de ritournelles pop cotonneuses (« Resistenz », « 1945 »).
Niort, métropole des Deux Sèvres. A vue de nez à part bosser dans les assurances ou assister au naufrage de la CAMIF, il n'y a pas forcément grand-chose à y faire. Et pourtant c'est de là que nous vient la bonne surprise de cette fin d'année. Cinq garçons biberonnés au rock indé, à la pop et au punk funk façon DFA déboulent avec un premier album tout en fraicheur. Phospho fait partie de ceux qui refusent de choisir entre rock'n'roll et musique à danser, entre scène et club. « One caballo per seven frauen » transpire l'hédonisme de Manchester, cette rage de faire la fête à tout prix. Attention, on n'est pas chez la Compagnie Créole non plus et les textes savent se faire acides et cyniques. Même si les influences sont parfois trop criantes (Lcd Soundsystem !!!) ce bouillant quintet nous livre un album réjouissant. Et pour les avoir déjà vu sur scène (dans la discothèque Le Village au fin fond du dirty sousse), je peux vous assurer qu'ils déménagent sur scène.
Un son rock novateur sur fond d'électro reconnaissable, une pointe d’indus et des textes personnels en français, acides, noirs, crus, sensibles, engagés : cette alchimie bouleverse et touche au plus profond de nos âmes. Sidilarsen cite Prodigy, Nine Inch Nails, Rammstein ou encore le groupe français Noir Désir comme influences importantes. Avec 10 ans de routes, un mini EP, 2 albums et plus de 300 concerts, la renommée ne cesse de croître, l’émotion et l’énergie dancefloor du groupe contaminent tous les publics. Le métissage musical se propage inéluctablement. Leur nouvel album « Une nuit pour sept jours » nous emmène vers des esthétiques plus mélodiques où la force émotionnelle des chants illumine une musique riche en nuances, granuleuse, énergisante, parfois sombre, puissante ou épurée. Cet album fait désormais d’eux un groupe de rock incontournable. Dans les bacs depuis le 13 Octobre.
On connaissait les talents de producteur et de remixeur de Joakim, le boss du label défricheur Tigersushi. Il nous a fallu attendre 2008 pour découvrir son sens de l'humour. Oser nommer un disque « My best remixes » alors qu'on a vendu peut être 40 disques en 10 ans, montre la finesse d'esprit du personnage. Car c'est cela Joakim. Un garçon très (trop ?) discret, reconnu à l'étranger, mais ignoré en France. Il suffit de lire la liste des artistes qu'il a remixé pour s'en rendre compte : Tiga (Canada), The Chap (Londres), Alter Ego (Allemagne)... Et lorsqu'on écoute le travail du monsieur, on se rend compte qu'on est bien loin du simple « name dropping ». On se balade de l'italo disco la plus cheezy (« Hearts on fire » de Cut Copy) au kraut rock le plus planant. Même Dj Medhi (de chez les ultra hype Ed Bangers) se voit transformé en bombe house (avec piano et violon). Bref, ça part dans tous les sens et c'est un vrai régal. Pour terminer, on ne remerciera jamais assez Joakim d'avoir exhumé le trésor des trésors, « Elle & moi » de Max Berlin.
Emmenés par le toujours sémillant Bobby Gillespie, le gang écossais résume à lui seul près 25 ans de musique outre Manche. Du post punk à la house, du dub au rock’n’roll, Primal Scream a tout essayé, tout mélangé, dans un balancement perpétuel entre hier et demain. La fusion pop / musique à danser, c’est eux (« Screamadelica » en 1991). Le retour du rock stonien, c’est encore eux en 1994 avec « Give out but don’t give up ». Et enfin l’electro qui copule avec le rock c’est toujours eux en 2000 avec « XTRMNTR ». Le cru 2008 s’annonce résolument rock et psychédélique, toutes guitares dehors (« Can’t go back »). Même s’il n’est pas là, on retrouve toujours des traces de leur compagnonnage avec le sorcier du son Andrew Weatherall (« Uptown »). Et on n’est d’autant plus surpris du résultat lorsqu’on sait que « Beautiful Future » a été enregistré au studio Atlantis de Stockholm, longtemps fréquenté par ABBA. On imagine la tête des créateurs de « Waterloo » en voyant débouler ces fous furieux.
25 ans de carrière, 8ème album pour Parabellum, aucune révolution musicale, mais ce titre « Si Vis Pacem Parabellum » (si tu veux la paix, prépare la guerre) qui donne le ton. La production signée Bruno Preynat (Mickey 3D) offre des sonorités inhabituelles. Un son plus propre, les passages saturés moins puissants et à contrario, les passages calmes/mélodiques prennent une dimension rarement atteinte, tel le nostalgique « Noir sur Bleu » ou le surprenant « Bang Bang ». Si elles ne sont pas aussi inspirées qu’un « Ilot Amsterdam » ou un « Anarchie en Chiraquie », elles demeurent très efficaces et accrocheuses, autant par la musique que par des textes plutôt osés (Reuno de Lofofora est passé par là). Derrière le phrasé habituel, les idées n’ont pas changé : entre drame, récit de rixe, abus des politiques exagérément utopiste ou encore hommage à la musique. Album déjà dans les bacs.
Le succès populaire de Bumcello reste une énigme. Composé de (vraiment) très bons instrumentistes, Cyril Atef et Vincent Ségal, le duo élabore sa musique de façon totalement improvisée. Et pourtant, ils échappent à l’écueil de la musique « intello / jazz / savante / intéressante, mais tellement casse bonbon ». Le bien nommé « Lychee queen » regorge de sucrerie pop. Il a la saveur langoureuse des musiques lounge des vieux James Bond. On retrouve d’ailleurs ce type d’ambiance cinématique grâce aux cordes de Vincent Ségal sur
« House Fire Bird », où une guimbarde
et des percussions semblables à des pochons froissés suggèrent une menace inquiétante. On oublie souvent que les duettistes sont également de grand fan de hip hop. Ils nous le rappellent sur « Barkin the sun ». Leur refus des chapelles se voit en parcourant la liste des invités de cet album : Tommy Jordan, Chocolate Genius, Blackalicious, Mama Ohandja… Une ouverture d’esprit exemplaire.
Alors que Sub pop fête ses 20 ans (mais si, rappelez vous : Soundgarden, Nirvana...), le label de Seattle prouve qu’il n’est pas resté bloqué sur le grunge de ses débuts. En 2007, Sub pop a décroché la timbale avec CSS. Originaire de Sao Paulo au Brésil, CSS (Cansei de Ser Sexy) a séduit le public européen grâce à un vrai tube (« Let’s make love & listen Death From above ») et surtout une tripotée de remixeurs de renom ( Spank Rock, Diplo, Simian Mobile Disco...). L’heure de la confirmation a sonné. Le sextet a perdu sa bassiste et c’est à cinq que CSS nous revient. Beaucoup plus abouti à tous les points de vue, « Donkey » affirme le penchant « pop à guitare » du groupe. On se surprend même à entendre des riff à la Johnny Marr sur l’enlevé « Give it up ». Que les fans du 1er album ne s’inquiètent pas. CSS n’est pas devenu aussi soporifique que les Smiths, c’est toujours un joyeux bouillon de culture de rock indé, de rythmiques reggae sautillantes et des synthés 80’s bien pourris (« Reggae all night »).
Albinos Williams Les Mêmes Qui Payent (Auto Produit)
1er street album de ce chanteur d’origine brésilienne évoluant dans toute la France. Albinos Williams nous offre un son riche en émotions, introduisant des rythmes acoustiques reggae hip-hop dancehall, ces 10 titres invitent aussi plusieurs feats, tel que LZO et Croco de Djawas, Célis, et l’intro réalisée par stabil Production. A signaler également l’intervention poétique et crayonnée de Lyroill J., illustrant un duo complice à la joyeuse tristesse et au talent sans limite. Le titre de cet opus « Les Mêmes Qui Payent », nous annonce la couleur sur son militantisme social...
Ce disque est une belle preuve que la musique dans ses retranchements culturels est souvent plus subtile que bien des discours. Si le but était de nous toucher c’est réussi !
A noter : toute la production est faite maison !
A suivre... myspace.com/albinoswilliams.
Dirty Centre (At(h)ome/Wagram)
Emblèmes d’un certain hip hop à la française, paillard et braillard, le Svink est de retour avec un troisième album tapageur, construit autour du concept du Dirty Centre : une contrée entre Atlanta et le Berry, peuplée de fan de « Turbo » qui n’ont pas le permis de conduire. Fidèles à l’esprit hip hop, les svinkels parlent surtout d’eux, de leur passion pour la bibine, voire de leur penchant scatophile (« Du pq pour mon trou trou »). Et c’est un peu à ça que ça sert, un cd des Svinkels. Car sur scène, si l’énergie est là, l’audience a rarement l’occasion de comprendre les propos des « Beasties Boys français » ( comme ils le disent dans « Droit dans le mur »). 2008, année de la rupture, Dj Pone s’en étant allé chez Birdy Nam Nam, il est avantageusement remplacé à la production par Nikus, Dixxxé, DSL et Dr Crunkenstein. L’album sonne à la fois actuel et sale comme un slip douteux. En tournée le trio de Mc devient le Bitchy Hairy Dirty Centre Orchestra avec guitares, basse, clavier et batterie. Une belle bande de Red Neck franchouillards !